Un master en football business pour un dirigeant haïtien

Á l’hôtel Ritz Carlton, Genève (Suisse), le vendredi 8 mars, date marquant la Journée internationale des femmes, appelée également Journée internationale des droits des femmes, Marie Élise Obas, vice-présidente du Don Bosco FC, au prix de grands sacrifices, a décroché un master en football business. Joint par téléphone, très heureuse visiblement, elle en a profité pour évoquer pour Le Nouvelliste, entre autres, le master obtenu, les modules et les thématiques des cours suivis avant de se lancer dans un flot de remerciements.

Le football haïtien a, sur le plan sportif, fait des progrès énormes en participant à trois phases finales de Coupe du monde (sélection A 1974 ; U-17 masculine 2007 et U-20 féminine 2018). Cependant, il lui manque visiblement des dirigeants formés pouvant lui permettre de faire un pas de géant aux yeux du monde entier. Devant ce constat, Marie Élise Obas, ex-membre du comité exécutif de la Fédération haïtienne de football (FHF) et actuelle vice-présidente du Don Bosco FC de Pétion-Ville, qui a bénéficié du support de son mari (président du club), s’est emparée d’un Master en football business.

« Je viens justement décrocher un master en football business. C’est une étude d’une année de 4 modules. Les deux premiers se font en ligne, le 3e est un internship que j’aie fait à Léogâne avec le “Projet Goals” qui est une ONG évoluant dans le football et le dernier module à Genève, en Suisse. Dans le cadre de ce module, différents voyages sont organisés pour permettre aux étudiants de comprendre comment fonctionnent les équipes et les institutions évoluant dans le domaine », a-t-elle fait savoir. Évoquant l’importance des cours suivis, elle encourage chaque dirigeant de clubs, en vue du développement de notre football, ajoute-t-elle, de faire des étude avancées sur le sport qui devient de nos jours une industrie.

« C’est un cours qui te donne une idée générale des différents aspects relatifs au fonctionnement de l’industrie. Citons en exemple : historie du football, loi en football, éthiques et professionnalisme, leadership en football, engagement des fans, internationalisation du football etc. Ce sont certains des cours que j’ai suivis. Au fait, l’expérience a été très enrichissante. J’ai une autre vision de l’industrie et je suis mieux armée pour apporter ma modeste contribution à mon pays. Permettez-moi d’encourager les autres dirigeants à entreprendre des démarches pour parfaire leur connaissance dans le domaine », a expliqué madame Obas qui a dû consentir des sacrifices pour atteindre son objectif.

« Ça il faut le dire. J’ai eu à faire face à un flot de critiques, car cela a demandé que je laisse mes enfants pendant un certain temps. Savez-vous que certaines personnes m’ont même traité de “mère-crabe”. Heureusement, j’ai eu le support du président [du Don Bosco FC], de mes collaborateurs, de certains amis, de ma famille et spécialement ma petite sœur, My Darling Obas, à qui, je dois une fière chandelle puisqu’elle s’était chargée de prendre soin de mes enfants. Cependant, cette aventure n’aurait pas lieu sans les conseils éclairés de Paul Moïse avec qui j’entretiens de très bonnes relations. À dire vrai, nous faisons souvent des débats sur le football en Haïti. Merci Polo. J’ai rencontré des personnes extraordinaires et je souhaite garder contact avec elles, car le football est une affaire de connexion également », se souvient-elle avant de se fixer sur le reste de l’année.

« Le football n’est pas une industrie statique, donc je ne compte pas m’arrêter en si beau chemin. En fait, je continuerai à me former et m’informer. Voyons, j’ai d’autres projets en cours, mais le reste de cette année est consacrée à mes petits bouts de chou », a avancé Marie Élise Obas en guise de conclusion.

Bien qu’elle ait bénéficié d’une demi-bourse, la vice-présidente du Don Bosco FC a dû dépenser plus de 18 000 dollars américains pour décrocher ce master en football business. En vue de développer notre sport-roi, les dirigeants haïtiens, jusque-là limités dans leurs champs d’action, n’auront qu’à suivre cette voie, celle ouvrant la voie au monde du sport professionnel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

lenouvelliste.com

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