Haïti franchit un autre palier

Avant que ne débute son quart de finale face à l’équipe du Canada le samedi 29 juin à 19 heures, Haïti est en train de rédiger l’une des plus belles pages de son histoire à la Gold Cup. Entre histoire et record, revenons sur les faits marquants des Grenadiers de 2000 à 2019 dans cette compétition.

Depuis le nouveau format de la Gold Cup, adopté en 1991, Haïti y participe en 2019 pour la septième fois de son histoire. La première participation des Grenadiers remonte à 2000. Pour y parvenir, l’équipe nationale, entraînée alors par Emmanuel Sanon, avait dû passer par les barrages à Los Angeles. Buteur contre Cuba (1-0), Salvador (1-0) et Canada (1-2), Johnny Descolines en a profité pour se faire un nom et conduire les Grenadiers à la plus prestigieuse compétition au niveau des nations dans la zone.

Un petit tour Haïti s’en est allée, placée dans le groupe B avec les USA et le Pérou. Le 12 février 2000, les Américains ont laminé les Haïtiens (3-0). Contre les Péruviens, deux jours plus tard, soit le 14 février, Sébastien Vorbe (61e) avait permis aux Grenadiers (3e et dernier du groupe) de quitter la compétition la tête haute.

Pour sa deuxième participation à la Gold Cup (2002), la sélection haïtienne de football avait subi la loi du Canada (2-0), le 17 janvier avant de relever la tête deux jours plus tard face au Pérou, battu (2-0) grâce à un auto goal de Menez (6e) et un autre but signé Charles Alerte Junior (44e). Prenant la deuxième place du groupe D, Haïti a fait un match mémorable face au Costa Rica en quart de finale. Malgré le but de Golman Pierre (62e), les Grenadiers ont pris la porte de sortie (1-2) suite à un but en or inscrit par Ronald Gomes durant les prolongations pour le Costa Rica.

En 2007, Haïti, victorieuse de la Coupe caraïbe des nations avec Luis Armelio Garcia à la baguette, a eu le statut d’outsider de la Gold Cup. Placés dans le groupe A, les Grenadiers n’ont pris que la dernière place. En effet, le 6 juin, ils n’ont obtenu qu’un nul (1-1) face à la Guadeloupe. Monès Chéry, sur penalty (36e), avait permis à Haïti de rétablir l’équilibre. Trois jours plus tard, contre le Costa Rica, Jean Michel Alexandre Boucicaut (71e) a inscrit l’unique but des Grenadiers avant de mordre la poussière (0-2), le 11 juin face à l’équipe du Canada.     

Non qualifiée en 2009, l’équipe nationale (5e au classement de la Coupe Caraïbe), entraînée alors par Jairo Rios Rendon, a remplacé l’équipe cubaine qui a décidé de faire l’impasse sur cette Gold Cup. Le 4 juillet, Haïti a subi la loi du Honduras (0-1) avant de faire plier la Grenade (2-0) le 8 juillet grâce à des buts de Fabrice Noël (14e) et James Marcelin (79e). Face aux USA, Haïti a fait un match extraordinaire (2-2). Hvaniel Sirin (46e) et Monès Chéry, auteur d’une merveilleuse reprise de volée, ont permis à Haïti de ravir une place en quarts de finale. Le 19 juillet, en quartS de finale, le Mexique, qui allait remporter la compétition, avait laminé Haïti (4-0). 

En 2013, les Grenadiers, derniers du groupe B, n’ont disputé que trois rencontres. Le 8 juillet, le Honduras le remporte (2-0) face à l’équipe haïtienne entraînée alors par le Cubain Israel Blake Cantero. À la surprise quasi générale le 12 juillet, les Grenadiers ont corrigé l’équipe de Trinité-et-Tobago (2-0) grâce à un doublé de Jean Eudes Maurice (16e et 53e) avant de perdre (0-1), le 15 juillet, face à Salvador à  cause d’un penalty inventé par l’arbitre central.

Après avoir pris la troisième place dans la Coupe Caraïbe des nations, Haïti s’était invitée à la Gold Cup sous la direction de Marc Collat. Le 7 juillet, les Grenadiers, avec un but de Duckens Nazon (85e), ont fait match nul (1-1) face au Panama. Le 10 juillet, l’équipe américaine a battu les Grenadiers sur la plus petite des marges (1-0). Avec un nouveau but de Duckens Nazon (13e), cette fois-ci contre le Honduras (1-0), les Grenadiers se hissaient en quarts de finale. Le 18 juillet, ils ont subi la loi de la Jamaïque (0-1), finaliste malheureuse de cette Gold Cup. 

Absents en 2017, comme ce fut le cas en 2003 et 2005, les Grenadiers, qui reviennent en 2019 par la grande porte, sont en train d’écrire dans le livre sacré de la Gold Cup l’une des plus belles pages de leur histoire. Ils ont fait le plein en battant les Bermudes (2-1), le Nicaragua (2-0) et le Costa Rica (2-1) pour s’emparer du leadership du groupe B et se rendre en quarts de finale.

Au terme de ces trois rencontres, trois Grenadiers ont été désignés ‘‘homme du match’’. Frantzy Pierrot, auteur du doublé face aux Bermudes ; Steven Saba, le premier buteur d’Haïti contre le Nicaragua et Duckens Nazon qui a montré la voie face à l’équipe du Costa Rica. Dans la foulée, ils ont mis six buts à ces trois rivaux, à raison de deux buts contre chacun. Grande première des Grenadiers à ce niveau de la compétition.

Avant la Gold Cup 2019, Haïti, qui est à sa septième participation, n’avait jamais inscrit six buts en phase de groupe. En 2000, les Grenadiers avaient mis un petit but ; trois en 2002 ; deux en 2007 ; quatre en 2009 ; deux en 2013 et deux en 2015.  

Tous les signaux montrent qu’Haïti, malgré l’absence de certains cadres, joue actuellement sa meilleure Gold Cup. Cependant, les Grenadiers, qui n’ont jamais battu le Canada dans cette compétition (deux matches, deux défaites et à chaque fois : 0-2), n’auront pas la partie facile, le samedi 29 juin en quart de finale face aux Nord-Américains.Toujours est-il qu’à l’impossible seuls les Grenadiers sont tenus, si l’on se référait à leur match extraordinaire disputé face à l’équipe du Costa Rica. 

Legupeterson Alexandre

lenouvelliste.com

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