Entre fans passionnés et hooligans enragés

7 des 8 matches comptant pour la 8e journée de la série de clôture du championnat haïtien de football professionnel étaient à l’affiche dimanche. Si l’Arcahaie de l’entraîneur Kesnel Thomas est allé s’imposer 1-0 sur la pelouse du Tempête pour conforter sa place en tête du classement dans une rencontre où les acteurs se sont montrés de bons sportifs, la situation n;a pas été la même à  Carrefour où le Valencia accueillait le Baltimore. Non plusi à  Jacmel où la formation de l’AS Capoise est allé prendre un point 1-1 sur la pelouse de l’Association Sportive du Sud-Est.

Arbitrage 50/50, sinon vous ne sortirez pas ici vivant. Vous nous aviez fait perdre tel match ou tel match par votre incompétence, cela ne se reproduira pas aujourd’hui. Où est-ce qu’on est allé chercher ces énergumènes ? Sont-ils des arbitres? Esclaves de la fédération…Insultes, menaces, intimidations sont monnaie courante dans le championnat haïtien de football dit professionnel. À Léogâne comme sur les autres terrains l’on a coutume d’aller couvrir la compétition, y compris le stade Sylvio Cator, on dirait que le public se dit que lancer quelques propos menaçants sentis aux arbitres avant le coup d’envoi de la rencontre est la meilleure façon pour le corps arbitral d’être impartial. Et comme chaque club a son fan fou de foot, et comme chaque fan fou de foot a quand même son éducation, certains sont moins violents, moins acerbes, moins trivial, moins agressifs que d’autres. Ainsi, le Violette a son Jean-Marie, le Don Bosco a son Cius ou tout simplement son Don Bosco. Le Racing Club son Moïse et son Gérard, le Valencia a son Dumont, le Cavaly a toute une kyrielle de mordus, etc.

Si Moïse depuis les tribunes est capable d’adresser quelques mots bien sentis aux arbitres quand il estime que le hors-jeu signalé contre le Racing CH est limite, Gérard restera surtout en attente du but libérateur de son club pour aller saluer l’équipe adverse de quelques claquements du drapeau du club sans pour autant se montrer agressif en parole comme Moïse, car ce dernier peut aussi bien invectiver le corps arbitral que les joueurs de son équipe quand ces derniers jouent mal. Jean-Marie vit les matchs du Violette commr une sorte de transe criant quelquefois après ses joueurs. Fan du Valencia, Dumont lui se peint aux couleurs de son équipe, ensuite commence par invectiver tout ce qui à un moment ou à un autre lui a semblé être une menace pour le Valencia, cher à son cœur. Ce sont des passionnés qui ne vivent que pour le football, mais qui parfois dérangent par leurs invectives, mais qu’on tolère jusqu’à quelques matchs de la fin de la compétition.

A l’approche de la fin de la compétition, les mordus fous de début de saison sont dépassés par d’autres mordus moins sportifs qui eux ne se contentent plus de menacer, mais surtout passent aux actes. Entre policiers pris entre deux feux dans un pays où les relations sont longues et peuvent être la base de bien des déboires, et des intéressés qui veulent gagner à tout prix, les équipes qui jouent en déplacement et les arbitres qui doivent officier sur certains terrains n’ont pas la tâche facile. Cela exigerait même que dans certaines rencontres les responsables fassent appel à des policiers non cantonnés dans les zones où se déroulent les rencontres pour assurer la sécurité intérieure des rencontres laissant à la police locale le soin d’assurer la sécurité extérieure. Comme policiers cantonnés et policiers appelés à assurer la sécurité intérieure de la rencontre ont leur code de communication, ils peuvent aussi assurer la sortie des équipes de la ville où s’est déroulé le match. Sinon, on risque d’être témoin de très mauvaises surprises avant la fin de la compétition.

 

 

 

 

 

 

 

 

Enock Néré

lenouvelliste.com

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