10 activités pour commémorer les 10 ans de Dojodai (suite et fin)

LN : Tout ceci paraît très coûteux. Et comment comptez-vous vous y prendre pour trouver les fonds nécessaires ?

SIA : Chacune de nos activités nous coûte en moyenne 325 000 gourdes. C’est extrêmement difficile, pour ne pas dire impossible, de trouver des entités privées ou publiques voulant et/ou pouvant nous aider. Nous essayons de faire du mieux que nous pouvons avec les faibles moyens du bord. Par le passé, nous avions reçu le support ponctuel de Digicel, Malta H (Brana), Unibank, Rhum Barbancourt, Big Star Market, Le Transporteur, Logitics Solutions, Graphcity, Matelec ainsi que des amis et amies de Dojodai. Depuis 2012, nous avons le support constant de la compagnie d’impression « Design by Jude » et de la compagnie haïtienne de produit d’entretien « La Perle S.A. » fondée par les Labrousse en 1972.

LN : Faites-nous l’historique de Dojodai à travers l’an X et surtout les bons et mauvais souvenirs avant de vous faire justement cette place de choix au sein de l’élite martiale ?

SIA : La première chose dont je suis vraiment fier, c’est de constater qu’aucun sport ne peut se développer dans un pays, s’il n’est pas logistiquement et financièrement accessible à la très grande majorité des enfants et des jeunes. En quelques années, nous sommes arrivés à faire baisser les coûts liés à la pratique et à l’enseignement du Karaté Shotokan jusqu’à moins de 400 gourdes par mois par personne, une réduction de presque 85% par rapport à ce qui se fait dans le milieu. La deuxième chose dont Dojodai est fier, c’est de voir comment le nombre de filles a augmenté après avoir lancé en janvier 2014 l’initiative « Les filles ne payent pas » dont le but est de permettre à n’importe quelle fille qui pratique le Karaté Shotokan sur toute l’étendue du territoire de ne pas avoir à payer, quoi que ce soit pour les frais d’inscription et de participation dans n’importe quel championnat organisé par Dojodai. C’est en partenariat avec La Perle S.A. que nous avions pu mettre sur pied cette initiative. Troisièmement, nous sommes aussi fiers d’avoir stimulé la pratique du Shotokan à un tel point que maintenant, certaines des plus grandes associations de Karate font pratiquer le « Team Kata » (kata par équipe de 3) à leurs élèves. Pendant des décennies et ceci jusqu’à l’arrivée de Dojodai, personne n’avait accorde de l’importance à cette épreuve qui pourtant se pratique dans les tous les championnats continentaux et mondiaux. Quant aux mauvais souvenirs, ils sont tous liés à la recherche de fonds et des sponsors.

LN : Franchement, êtes-vous vraiment satisfait d’avoir porté Dojodai sur les fonds baptismaux des arts martiaux et quels sont les grands projets à court, moyen et long terme pour l’émancipation de Dojodai et aussi la pratique du Karaté à l’échelle nationale ?

SIA : Pour une institution dont le principal moteur est la vision que nous avons des choses et le principal carburant jusqu’à maintenant est l’inébranlable volonté, les inestimables et incessants sacrifices personnels des membres du comité et des instructeurs qui dispensent l’enseignement, je pense qu’on est assez satisfait. Mais il y a encore tant à faire. Nous n’avons atteint qu’1% de nos objectifs en 10 ans. Le principal projet à court terme est d’agrandir notre réseau d’écoles de Karate Shotokan. À moyen terme, nous voulons absolument nous libérer de l’obligation de trouver des sponsors. Cette soif inextinguible de sponsors est un fléau dont Dojodai doit se défaire à tout prix. Nous y travaillons déjà depuis quelques années, et je pense que durant la première moitié de notre deuxième décennie nous y arriverons, il n’y a aucun doute là-dessus. À moyen ou à long terme, nous voulons implanter Dojodai dans les autres départements et continuer d’avancer petit à petit jusqu’au moment où ce sera finalement possible.

LN : Existe-t-il de très bons rapports entre Dojodai et la Fédération nationale de karaté d’Haïti (FNKH), ainsi que les autres associations militantes dans la famille martiale tant en Haïti que dans la diaspora ?

SIA : Oui, quoique la FNKH manque de moyens financiers (toujours ce problème de sponsor) mais elle fait ce qu’elle peut pour accompagner toutes les associations qui sont en règle. Dojodai a par ailleurs des partenariats avec quelques associations et de très bons rapports avec toutes celles qui ont la volonté de nous accompagner sur le chemin du progrès. Et nous sommes en partenariat aussi avec plusieurs organisations de Karaté de la diaspora.

LN : Votre dernier mot… ?

SIA : Merci aux chefs d’établissements et à tous les parents de tous nos pratiquants qui les supportent et les encadrent en leur permettant de continuer sur le chemin de la découverte et de la connaissance de soi par le biais de la pratique du Karaté Shotokan. Merci pour cette interview et je souhaiterais demander aux lecteurs de ne pas hésiter à suivre l’association Dojodai sur les réseaux sociaux aux adresses suivantes : facebook.com/dojodai, twitter.com/dojodai, instagram.com/dojodai.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Préparé par Emmanuel Bellevue
lenouvelliste.com
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