Wilner Etienne dit tout


Membre influant de la Direction Technique Nationale (DTN), Wilner Etienne a, dans une interview exclusive accordée au Nouvelliste, fait le point en ce qui concerne le fonctionnement de la DNT. Il en a profité pour dresser un bref bilan et l’agenda de cette institution avant d’émettre son point de vue sur les éliminations en cascade des équipes nationales et, selon ses dires, Johnny Placide est enfin accepté de jouer pour la sélection nationale senior. Lisez le contenu de cette entrevue !

Le Nouvelliste : Wilner Etienne, vous faîtes partie de la Direction Technique Nationale. Quel poste occupez-vous et vous jouez quel rôle ?
W. Etienne : Oui, je fais partie de la Direction Technique Nationale à titre d’assistant directeur.

L. N. : Quelles sont les autres personnes qui font partie de la DTN ?
W. E. : La Direction Technique Nationale est composée d’un directeur, Carlo Marcelin, d’un assistant directeur, des autres cadres techniques : Sonche Pierre, Toussaint Coissi, Pierre André Dorvilus, Jean Hubert Anglade, Tchaly Eléazar, Eddy César, Gabriel Michel, Félix Yvette. Des CTR qui sont les conseillers techniques régionaux. Il faut dire que les conseillers sont au nombre de 20 et ils travaillent comme des antennes de la fédération en matière de formation et de compétition de jeunes.

L.N : Comment fonctionne cette direction technique ?
W. E :La Direction Technique ne fonctionne pas comme ça devrait l’être. Plusieurs raisons expliquent ce problème. Nous avons un gros problème de moyens. Ceci dit, pas de voiture pour se déplacer à temps voulu, pas de budget réel pour les diverses activités annuelles ou du moins, c’est insuffisant les fonds décaissés. On peut dire que cela reste un peu trop centralisé par rapport à notre vraie mission qui est de promouvoir le football à travers tout le pays. Le fait d’avoir tous ces problèmes handicape automatiquement toute forme de projet pouvant créer un certain dynamisme autour.

L. N : Avez-vous les moyens en termes de matériels physiques et humains pour atteindre l’objectif fixé ?
W. E. : Je suis un peu hâtif par rapport à cette question. Puisque dans la réponse j’ai déjà souligné les divers problèmes existant en la matière. Effectivement, nous avons de sérieux blocages en ce qui concerne les moyens physiques pour notre fonctionnement.

L. N : Savez-vous le nombre d’entraîneurs qualifiés officiant dans le football national ?
W. E. : Non. Jusqu’ici, la démarche est en cours en vue d’arriver à dénombrer le nombre d’entraîneurs pratiquants que l’on a. Mais nous persistons encore. Nous avons émis un formulaire pour ça .Certains entraîneurs ne se sont pas encore inscrits et il nous reste aussi à étendre notre enquête sur les régions reculées.

L. N. : Qu’allez-vous faire avec ceux qui n’ont pas qualité pour ce métier dit-on le plus souvent ingrat ?
W. E. : Pour les entraîneurs qui ne sont pas qualifiés, on a prévu de faire des cours de mise à niveau. De même, on fera une mise en équivalence pour ceux qui ont déjà reçu d’autres cours à l’étranger.

L. N. : Les sélections masculine et féminine étaient récemment en activité. Les U-17 ont rendez-vous en décembre alors que les U-20 font l’impasse sur les éliminatoires du mondial de cette catégorie d’âge. Est-ce une satisfaction, selon vous pour la DTN ?
W. E. : Les sélections nationales seniors masculine et féminine constituent essentiellement l’affaire du bureau exécutif. Car les désignations des cadres restent souvent le choix de l’exécutif. La Direction technique opère en général au niveau des sélections des jeunes (U-20, U-17, U-15, U-14). Nous avons organisé beaucoup de compétitions jeunes à ce niveau. Mais nous ne serons jamais satisfaite. Parce que le travail est vaste et demande tellement de temps et de passion. Cette année, la fédération ne participe pas aux U-20. Le problème de l’âge reste et demeure une urgence pour normaliser toute situation frauduleuse.

L. N. : Le football jeune ? Et comment sont vos relations avec la Fédération Haïtienne de Football (FHF) ?
W. E. : Le football jeune nous préoccupe. D’ailleurs, c’est le centre de notre occupation. En ce sens, nous avons pas mal de problèmes à résoudre. Nous avons un projet de 12 écoles fédérales dans tout le pays. Nous avons un projet de football de base (Grassroot) 6-12 ans. Les sélections régionales dérivées du championnat de jeunes sont normalement en place avec le concours des CTR. D’autres projets sont à l’étude pour consolider la Direction Technique Nationale. Ma relation avec la FHF est cordiale et reste à améliorer.

L. N. : Présentement, les entraîneurs brésiliens règnent en maître dans le foot haïtien puisqu’ils sont à la tête des sélections masculine et féminine. Avant eux, c’était le fameux Jairo Rios Rendon. Alors, quel est votre point de vue sur ce dossier ?
W. E. : Comme je vous ai dit tantôt, la nomination des entraîneurs à la tête des sélections seniors est l’apanage de l’exécutif. Il n’y a pas grande influence à exercer. On peut être tout simplement consulté à titre informatif. Ceci n’est pas différent dans certains grands pays de foot.

L. N. : Haïti perd gros pendant ces deux dernières semaines au Mexique et à Trinidad & Tobago, les sélections féminine et masculine ont été écartées dans les compétitions régionales. Que pensez-vous de leur élimination ?

W. E. : Le technicien brésilien aurait besoin d’une idée exacte des entraîneurs haïtiens avant la construction de cette sélection. Il y avait trop de novices dans le groupe disputant la Digicel Nation’s Cup, et, en plus, certains d’entre eux ne savent pas jouer; autrement dit, il n’ont pas fait leur classe dans le foot national. Je suis persuadé, pour résoudre ce problème, qu’il nous faut un plan clairement défini. Les éliminatoires du mondial de 2014 débuteront exactement dans sept mois. Il faut donc penser déjà avec les meilleurs joueurs haïtiens évoluant à l’étranger capables d’apporter un plus dans l’entre-jeu de l’équipe nationale et sans négliger nos meilleurs éléments.

L. N. : Alors, depuis que votre équipe est à la tête de la DTN, pouvez-vous nous dresser un bref bilan des travaux que vous effectuez au sein de cette institution ?
W. E. : La Direction technique nationale est réellement en place il n’y a pas deux ans. Nous avons réalisé des compétitions de jeunes au niveau des U-15. De ces compétitions nous avons pu tirer les meilleurs qui font partie de l’école fédérale Intra-Sportif, un programme sport-étude ou Football-Etude fondé par la Fédération haïtienne de football. Nous avons organisé plusieurs rencontres avec les entraîneurs de D1 et D2, les CTR et les administrateurs de zone.

Moi même, ma plus grosse satisfaction se confirme à travers l’entente trouvée entre Johny Placide et moi-même quant à son accord pour venir jouer pour la sélection nationale senior. Cette négociation a duré deux ans. Maintenant, avec Placide, les buts de l’équipe haïtienne vont être plus en sécurité. Beaucoup d’autres projets sont à l’étude.

L. N. : Faites-nous part de l’agenda de la DTN ?
W. E. : Nous avons travaillé sur le cursus de formation pour la formation d’entraîneurs à tous les niveaux. Maintenant, on peut parler du cursus haïtien de formation d’entraîneurs à quatre niveaux. Nous avons établi, de concert avec la FIFA, un programme de football de base (6-12 ans)-Grassroot. De là nous allons former 35 éducateurs et une journée de Grassroot sera organiée en ce sens. Ce programme se répétera dans tout le pays, avec un calendrier bien défini. Nous venons de finaliser un grand projet de 12 écoles fédérales pour les jeunes de 13 ans masculins et 8 écoles de football pour les filles de même âge. De concert avec la fédération anglaise de football, nous allons former 35 éducateurs-entraîneurs qui vont directement travailler dans les écoles fédérales. En 2011, nous organiserons un stage de haut niveau avec la FIFA pour des entraîneurs de l’élite. Nous travaillons avec la fédération sur l’aménagement de notre propre bureau avec un pôle élargi d’entraîneurs cadres. Car nos ressources humaines sont trop faibles vu la somme de travail qu’il y à faire pour l’avancement du football haïtien. De même, nous avons aussi travaillé sur la recherche des joueurs qui évoluent à l’extérieur, et aujourd’hui on a beaucoup de joueurs qui sont disponibles pour la sélection nationale. Il reste à bien les utiliser au sein de l’équipe.

L. N. : Le dernier mot ?
W. E. : Mon rêve au sein de la Direction Technique Nationale, c’est d’arriver à un bon répertoire d’entraîneurs qualifiés en quantité et en qualité dans les années qui suivent. Je voudrais aussi qu’on arrive au niveau de la fédération à établir le processus de licence de fonctionnement pour les entraîneurs à tous les niveaux.
Le travail au niveau de la DTN doit être fait en équipe pour y arriver. D’autres moyens, d’autres ressources, nous en avons besoin.

Propos recueillis par Légupeterson Alexandre
petoo76@aim.com
lenouvelliste.com

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