La Concacaf vit des heures de grande attente

Depuis la matinée du lundi 5 mars, affluent vers l’Etat de la Floride tous les dirigeants du football de la zone. Quatre jours de réunion de travail les attendent pour de grands changements dans les compétitions de la zone. Le conseil de la Concacaf situe bien le contexte et la portée de l’événement lors de ces quatre jours de rencontre qu’il baptise la célébration de “L’amour du jeu “.

Dans l’esprit d’élever le niveau du jeu dans la zone et de se rapprocher de celui des puissantes confédérations de l’Europe, de l’UEFA ou de la Comebol, la Concacaf lance cette année la “Ligue des nations ” dont l’objectif est de mettre à nu une disparité d’activités entre les 41 équipes nationales qui composent la confédération et les puissantes fédérations comme le Mexique, les USA, le Canada, le Costa Rica et désormais Honduras, le Panama qui ont au minimum 8 à 10 matches par saison.

Un second groupe est sollicité de temps en temps tandis que d’autres, la majorité ne joue que deux à trois matches chaque période de deux à quatre ans à l’occasion des éliminatoires de la Coupe du monde ou de la Gold Cup, parce qu’elles ne sont pas sollicitées aux fenêtres – FIFA . Cette situation , ce manque criant de temps de jeu est préjudiciable à l’ensemble du football de la confédération. Ce qui, aux yeux des dirigeants, explique que dans les rendez-vous, malgré leurs énormes ressources, les équipes n’obtiennent pas de brillants résultats.

En donnant l’opportunité à tous les pays de jouer, l’écart sera moins grand et c’est tout le monde qui en bénéficiera. Mieux, la Concacaf est consciente d’avoir parmi ses membres des pays très riches, même le plus riche du monde qui apporte la plus forte contribution en termes de sponsor. En développant une meilleure politique d’équipe nationale, il y aura plus de passion et certainement les ressources augmenteront et en regroupant ces ressources dans des packages uniques, plus de moyens financiers viendront pour soutenir les membres incapables d’en générer individuellement. D’où cette “Ligue des nations” qui donnera à toutes les fédérations la possibilité de jouer, non entre deux, trois et quatre ans, mais au moins quatre fois l’an et donc de progresser. Mieux, elles pourront signer des contrats de sponsoring vu qu’elles pourront programmer des activités annuelles à offrir aux potentiels sponsors.

La Ligue des nations débute en septembre et jouera ses matches aux fenêtres — FIFA ; et pour éviter des matches déséquilibrés, les pays membres de la zone seront répartis en trois divisons A, B et C. Le groupe A est censé réunir les nations de football les plus fortes et les équipes seront choisies en fonction d’un classement propre à la Concacaf, vu que tous les pays membres de la Concacaf ne sont pas membres de la FIFA ; un classement que la Concacaf a bâti en fonction des résultats obtenus par les équipes nationales depuis l’année 1990, année de la fondation de la Gold Cup.

Le premier suspense de ce mercredi est de savoir quelle équipe sera en division A , B ou C ; si c’était basé sur le classement FIFA, Haïti aurait été assurée d’être en division 1 ou A mais pour la Concacaf, c’est plus incertain car en faisant entrer les résultats jusqu’à l’année 1990, Haïti risque d’être mal lotie car entre 90 et 2000 Haïti était à la queue du football international et n’a rien gagné dans la Caraïbe ratant la qualification pour les premières éditions de la Gold Cup 91, 93, 95, 97 alors que des pays comme le Guatemala, la Jamaïque, El Salvador brillaient . Mercredi au tirage au sort, on saura où nous sommes.

Cette nouvelle compétition sera d’un niveau relevé que nous soyons en A ou en B, car il faudra lutter, travailler soit pour rester au niveau supérieur ou batailler pour ne pas être relégués, car de son classement et de ses prestations va dépendre aussi sa qualification pour la Gold Cup 2019 et éventuellement la possible Copa Continental 2020 ( Copa America ) et la Coupe du monde 2022.

Les conditions d’éligibilité seront très strictes pour évoluer en A ou en 1 : stade moderne, éclairage HD et aussi capacité minimale d’accueil du stade en spectateurs, hôtels, avions, services médicaux. Le hic, : Haïti est le seul pays potentiel des groupes A et B à avoir des difficultés pour répondre aux critères. En plus pour s’élever à la hauteur des grands du groupe A, il faut un effectif riche en qualité de joueurs. A priori, tout ceci n’est pas hors de notre portée ; avec les expatriés surtout ceux, Haïtiens éclos en Europe , nos jeunes qui viennent de se révéler récemment contre le Japon et les Emirats arabes unis, le potentiel humain en talents, mais le drame ce sont les criantes carences économiques face au Costa Rica, Panama, USA, Mexique , Honduras et c’est là qu’ Haïti devra vraiment être une nation et miser sur chaque Haïtien, l’Etat en premier. Un immense défi dans un pays à énorme potentiel et qui fait de grandes choses à chaque fois que les moyens lui sont donnés mais qui cafouillent en étant incapables de réunir, voire d’entraîner ses joueurs.

” Septembre, c’est demain ”

La série de réunions est lancée ce lundi soir avec un dîner de gala. Mardi, il y aura un atelier et un séminaire conjoint UEFA-CONCACAF sur la bonne gouvernance, mercredi sera le grand jour du lancement de la Ligue des nations ; jeudi 8 mars, divers ateliers se tiendront sur la presse et le marketing” .

Si l’amour de notre jeu” célébré par la Concacaf devenait ” l’amour du football de notre pays”. Dans sa note de bienvenue, le président de la Concacaf écrit “Bienvenue à la célébration de l’amour de notre jeu”.

FHF Communication ,6 mars 2018 Auteur

 

 

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