Et si Haïti créait la sensation au Mondial U-20 ?

Lundi 6 août au stade de Marville à Saint-Malo, en France, contre la République de Chine, Haïti fera son entrée en lice dans la Coupe du monde féminine U-20 de la FIFA, France 2018, et ce avec pour objectif de créer la sensation. Avant les premiers faits et gestes des Grenadières à cette fête mondiale, Le Nouvelliste retrace pour vous le parcours menant à la qualification historique de la première équipe féminine de la Caraïbe à une phase finale de Coupe du monde.

Comme un leitmotiv, l’équipe féminine U-20, qui a laissé, le jeudi 2 août, Plouflagran à destination de Saint-Malo, dernier voyage pour boucler un long périple entamé depuis le 17 juillet 2017 au stade Sylvio Cator, veut faire mieux que les équipes masculines ayant représenté Haïti au Mondial de 1974 en Allemagne (senior A) et 2007 en RP Corée (U-17). Au regard du parcours des jeunes Grenadières dans les éliminatoires, écartant au passage Trinité-et-Tobago, Jamaïque, Cuba, Costa-Rica et Canada, on peut être confiant qu’elles auront un coup à jouer, malgré la République de Chine, le Nigeria et de l’Allemagne, trois géants, trois adversaires du groupe D ayant l’habitude de remporter ou de disputer la phase finale de cette compétition.

Trois coaches se sont succédés à la tête des Grenadières

À côté de ceux qui ont travaillé dans l’ombre au centre FIFA Goal à Croix-des-Bouquets, sous la supervision des techniciens de la Fédération haïtienne de football (FHF), trois entraîneurs se sont succédés aux commandes de l’équipe nationale U-20. En effet, lors de la première phase des éliminatoires, disputée du 19 au 23 juillet 2017 au stade Sylvio Cator, c’est Kowsky Saint-Vil, assisté de Marc Ogé, qui avait dirigé les filles avant de composter leur billet pour Saint-Kitts-et-Nevis. Au second tour de ces qualifications, tenu du 22 au 26 novembre à Basseterre, c’est Fiorda Charles qui allait remplacer Kowsky qui devenait alors l’entraîneur du Don Bosco FC de Pétion-Ville. Comme dans un jeu de chaise musicale, lors du championnat féminin de la Concacaf, ultime phase des qualifications menant à France 2018, organisé à Trinidad-and-Tobago du 18 au 26 janvier 2018, Marc Collat, après deux bons résultats avec la sélection masculine A en Asie, s’est vu confier les rênes de l’équipe U-20 qui, contre toute attente, a fait trembler les USA (1-1 : 0-3 TAB) en demi-finale avant de battre dans la petite finale le Canada (1-0) pour inscrire en lettre d’or son nom dans la chronologie des pays qualifiés à disputer la phase finale de la Coupe du monde féminine U-20 de la FIFA, France 2018.

Nérilia Mondésir, arme fatale des Grenadières

Comme un symbole, c’est Nérigol qui avait inscrit contre Anguilla, le 19 juillet 2017 au stade Sylvio Cator, le premier but des Grenadières qui s’étaient imposé par (16-0) avec 5 réalisations de Sherly Jedu. Avec 18 buts au compteur, 7 au premier tour, 7 au second et 4 au tournoi final de la Concacaf U-20, le tout en 11 matches, Nérilia Mondésir, qui évolue au sein de Montpelier en France, n’a rien à envier à ce qui se fait le mieux dans le monde du football féminin. Sa vitesse, sa frappe de balle et son sens du but, s’il se trouve dans un grand jour, pourrait faire mal aux coriaces adversaires des Grenadières. Qui a oublié son but d’anthologie inscrit du genou pour rétablir l’équilibre au tableau d’affichage pour Haïti alors menée au score et son caviar permettant ainsi à Sherly Jeudi de marquer le but salvateur propulsant les Grenadières à la Coupe du monde ? Nérigol, sobriquet attribué par ses pairs, a la lourde responsabilité d’effacer des tablettes un certain Manno Sanon, auteur de deux buts dans une phase finale du Mondial.

50 buts en 11 rencontres

En inscrivant 26 buts à Port-au-Prince lors de la première phase, 16 autres à Basseterre (Saint-Kitts-et-Nevis) au second tour et le reste, soit 8 lors de l’ultime phase de ces qualifications, tenue à Trinité-et-Tobago, Haïti a marqué en tout et pour tout 50 buts. Au nombre des 11 pays affrontés, seule la Jamaïque, victorieuse des Grenadières (1-0), n’a pas encaissé de buts face aux coéquipières de Nérilia Mondésir. En phase de poule, Haïti, qui s’inclinait (0-4) face au Canada en gardant ses titulaires sur le banc de touche, n’arrivait pas à trouver, et ce pour la deuxième fois depuis le coup d’envoi de ces éliminatoires, le chemin des filets. Avant que ne débute le championnat du monde féminin en Bretagne, le ratio de buts des Grenadières est : 4,54 buts par match.

9 pour 50

Haïti peut s’enorgueillir puisqu’il est le seul pays qui, lors de ces éliminatoires dans la zone Concacaf, a atteint la barre symbolique de 50 buts inscrits. Ces réalisations ont été l’œuvre de 9 joueuses : Nérilia Mondésir (18), Sherly Jeudi (8), Melchie Daelle Dumornay (8), Roseline Eloissaint (6), Danielle Etienne (3), Nerloude Nicolas (3), Magdala Macéan (2), Naphtalie Northé (1) et Kerlidade Damour (1).

Dans la liste des absentes

Pour concrétiser le rêve de voir Haïti jouer une phase finale de Coupe du monde féminine, 28 joueuses ont participé à cette longue et coûteuse campagne. Pour cause de blessures ou autres, bien qu’elles soient buteuses avec les U-20, Magdala Macéan (2 buts) et Kerlidade Damour (1 but) n’ont pu tenir leur place pour la phase finale du Mondial féminin français au même titre que Nadine Milien, Martine Olivier et Taïna Gervais. Elles ont laissé le champ libre à de très jeunes et talentueuses louves comme Madelina Fleuriot (gardienne), Dougenie Joseph (défenseure) et Melchie Daëlle Dumornay (millieu de terrain), toutes âgées de 14 ans.

Ils ont dit

Au terme de son tirage au sort organisé à l’Opéra de Rennes, en France, le 8 mars, Journée de la femme, le sélectionneur national Marc Collat a déclaré : « On savait que, quel que soient nos adversaires, on aurait du pain sur la planche. Nous sommes heureux d’être là et ravis du tirage. » En effet, après le tragique tournoi de la « Sud ladies cup » où Haïti, privée de plusieurs cadres, avait piteusement mordu la poussière devant la France (0-5), les USA (0-7) et l’Allemagne (1-4) avec un but de Roseline Eloissaint, la confiance semble être retablie au sein de l’équipe féminine, en concentration en Bretagne depuis, le 28 mai, soit tantôt deux mois.

Au moment de quitter, le jeudi 2 août, Plouflagran à destination de Saint-Malo pour être prises en charge par la FIFA, les filles ont affiché leur poigne. « À tout venant beau jeu », lancent-elles. Force est de ressentir qu’elles ont le picotement bien connu des athlètes qui s’apprêtent à disputer une compétition internationale. Il reste aux Grenadières, dès leur première rencontre face à la République de Chine, le 6 août au stade Marville, de concrétiser leur ambition et de montrer qu’elles ont bien mérité leur qualification pour la Coupe du monde féminine de la FIFA, France 2018.

 

 

 

 

 

 

 

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