Quid de la saison 2020 du championnat haïtien de football professionnel ?

À l’issue de la quatrième journée de la série d’ouverture 2020 du championnat haïtien de football professionnel, disputé le 19 mars, la Fédération haïtienne de football (FHF) avait pris la décision de suspendre la compétition reine du pays en raison de la présence de la pandémie du nouveau coronavirus (covid-19) dans le pays. Après plus de trois mois, l’incertitude la plus totale plane encore sur l’avenir de cette compétition. Analysons la situation des 18 clubs engagés dans ce championnat !

Selon les informations recueillies auprès des confrères des communes du pays ayant au moins une équipe évoluant parmi l’élite du football haïtien, certains clubs n’ont reçu aucune nouvelle de leurs joueurs depuis la suspension de la compétition. Dans quel état de forme et/ou mentale se trouvent ces derniers ? Point besoin de signaler si ces dirigeants n’ont pas volé aux secours de ces joueurs qui n’avaient d’autre source de financement que le football. Privés de compétition officielle voire de ”championnat vacances”, ces joueurs, confinés chez eux, ne semblent pas être en mesure à reprendre la compétition tout de suite.

Les équipes de la zone métropolitaine de l’Ouest, entre autres, le Don Bosco de Pétion-Ville, le Violette AC, le Racing Club Haïtien, les Cosmopolites, mais aussi l’Arcahaïe FC (engagée dans la Flow CFU Championship) et le Cavaly AS de Léogâne avaient suspendu toutes leurs activités liées à la compétition. Tout est au point mort. Des joueurs venus de la province ont été tous renvoyés chez eux avec ou sans solde.

Pour ce groupe (Ouest) de dirigeants, «il est quasi impossible de parler de reprise du championnat, car les joueurs ont été renvoyés ainsi que les staffs techniques. Il serait plus sage de penser à l’annulation pure et simple de la saison».

Dans le grand Nord du pays, les équipes capoises, le Real Hope FA, l’AS Capoise ou encore le FICA, ainsi que pour le Ouanaminthe FC, le mot ”reprise” n’est pas à l’ordre du jour.

Scénario identique pour les cinq clubs du département de l’Artibonite, le Racing FC des Gonaïves, l’US Rivartibonitienne, le Triomphe SC de Liancourt et les deux mastodontes de Saint-Marc le Baltimore SC et le Tempête FC incluant l’AS Mirebalais.

Le constat n’est pas différent pour les deux équipes cayennes, l’America FC et la Juventus qui n’ont pas le contrôle de leurs joueurs pour reprendre les propos d’un confrère bien informé de la situation de ces deux équipes.

Fraîchement nommé à titre provisoire à la tête de la COCHAFOP, l’instance organisatrice des compétitions nationales, en remplacement de Joseph Variéno Saint-Fleur, Daniel Jean-Charles, au micro de Smith Griffon, a eu toutes les peines du monde à confirmer et/ou à infirmer la reprise du championnat haïtien de football professionnel.

Compte tenu de la Covid-19, nous avons opté à faire jouer les matches à huit clos. Pour la reprise de la compétition, nous pensons aussi à procéder par groupes régionaux afin de réduire les risques liés aux éventuelles crises politiques qui pourraient s’abattre sur le pays. Il faut le reconnaître, nous avons pensé à l’annulation définitive du championnat 2020 afin de s’adapter au nouveau calendrier post Covid-19 adopté par tout le monde. Tout compte fait, on doit encore patienter avant de prendre une réelle décision», à en croire Daniel Jean-Charles qui s’est montré prudent.

Les observateurs les plus avisés du pays, à l’entendre après cette interview, se mettent déjà à rire le novice président de la COCHAFOP, Daniel Jean-Charles, sachant qu’en Haïti, il est quasiment impossible et impensable de faire jouer les matches à huis clos, car disent-ils, la principale source de revenu de nos clubs n’est autre que les recettes provenant de la barrière, c’est-à-dire la billetterie.

Parallèlement, s’il faut se fier aux propos d’un expert français, membre de l’encadrement technique de la sélection haïtienne de football, dans une structure de championnat amateur comme la nôtre, pour éviter tout risque de grave blessure liée à une reprise forcée et soudaine, les joueurs auront besoin deux à trois mois pour s’entraîner et pour se préparer convenablement. Dans ce cas de figure, s’il faut penser reprise du championnat, il faut aussi penser les moyens financiers à mettre au besoin des 18 clubs engagés dans ce championnat et le nombre de temps que cela prendra pour que toute équipe soit entièrement disposée à reprendre la compétition.

Comme c’était le cas en 2019 après la 5e journée de la série de fermeture, le championnat haïtien de football professionnel, stoppé en raison de la situation sociopolitique du pays, entre autres, le «peyi lòk», a été annulé par les autorités fédérales. Va-t-on assister au même scénario ?

À suivre …..

 

 

 

 

 

 

lenouvelliste.com

 

Gaby Joseph

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