Les présidents et secrétaires généraux de l’AFC, de la Concacaf et de l’UEFA ont publiquement mis en cause la gouvernance de la FIFA, dénonçant des décisions prises sans consultation suffisante et réclamant un examen indépendant des récents événements.
Dans une lettre ouverte adressée lundi à la « famille du football », les trois principales confédérations ont durci le ton à l’égard de la direction de la FIFA, appelant à une gouvernance fondée sur la transparence, la responsabilité et le respect des institutions du football.
Le document, signé notamment par les présidents de l’AFC, Salman bin Ibrahim Al Khalifa, de la Concacaf, Victor Montagliani, et de l’UEFA, Aleksander Čeferin, affirme que les progrès réalisés par le football mondial au cours de la dernière décennie sont le résultat d’un travail collectif entre la FIFA, les confédérations et les associations membres.
« Le football est la plus grande passion partagée au monde. Il n’appartient à aucun individu ni à aucune institution », écrivent les signataires.
La lettre intervient après une récente controverse autour d’une proposition liée à la Coupe du monde de la FIFA. Sans nommer directement le président de la FIFA, Gianni Infantino, les dirigeants des trois confédérations estiment que la manière dont cette proposition a été présentée constitue davantage qu’une erreur de procédure.
Selon eux, la proposition aurait été avancée dans un délai très court, sans consultation significative des associations membres et avec une échéance qui aurait limité leur capacité à examiner ses modalités.
Les confédérations rejettent ainsi l’explication donnée par la FIFA, qui avait présenté les événements comme un problème de communication. Pour les signataires, il s’agissait plutôt d’un « défaut de jugement ».
Ils dénoncent également ce qu’ils considèrent comme une atteinte plus profonde à la confiance entre la FIFA et les institutions qui composent le football mondial.
« Tenter de vendre une participation dans la Coupe du monde de la FIFA constituait une grave erreur de jugement », affirment-ils, considérant cet épisode comme une « rupture fondamentale de confiance ».
Un audit indépendant réclamé
Les signataires contestent par ailleurs la décision de la FIFA de préparer elle-même un rapport sur les événements afin de le présenter au Conseil de la FIFA.
Ils estiment qu’un examen portant sur une question aussi importante devrait être confié à un organisme totalement indépendant, sans participation de l’administration de la FIFA, de ses employés ou de toute autre partie prenante directement impliquée dans le football.
« L’administration de la FIFA ne devrait jouer aucun rôle dans la conduite de cet examen », écrivent-ils.
Les trois confédérations demandent également que tous les documents et dossiers pertinents soient préservés, conformément aux précédentes communications de l’UEFA sur la conservation des documents.
Une réunion au Maroc au centre des critiques
La lettre revient aussi sur une réunion organisée récemment au Maroc. Selon les signataires, un seul responsable élu aurait participé à cette rencontre, tandis qu’aucun membre du Conseil de la FIFA ni aucune association membre n’aurait été invité.
Ils soulignent que la réunion aurait réuni uniquement certains membres du comité de direction de la FIFA, composé de hauts responsables salariés de l’organisation.
Pour l’AFC, la Concacaf et l’UEFA, cette manière de procéder alimente les inquiétudes déjà exprimées sur la gouvernance de l’instance dirigeante du football mondial.
Les trois confédérations accusent ainsi la direction de poursuivre un mode de fonctionnement qui, selon elles, manque de transparence et de responsabilité.
« Il y a du silence là où il devrait y avoir de la responsabilité. De la distance là où il devrait y avoir de la transparence », écrivent-elles.
« Le football ne doit pas être commandé »
Les signataires insistent toutefois sur le fait que leur démarche ne porte pas sur les ressources financières de la FIFA ni sur les décisions collectives déjà prises concernant les compétitions internationales.
Ils affirment notamment ne pas remettre en cause l’expansion des compétitions, l’attribution des places pour les Coupes du monde ou le soutien financier accordé aux associations membres.
Leur position, assurent-ils, porte avant tout sur les principes de gouvernance et sur l’intégrité des dirigeants élus.
« Le leadership dans le football n’est pas une possession », déclarent-ils. « Il constitue un devoir de servir la famille du football qui lui confie cette responsabilité. »
Les trois confédérations concluent leur lettre en appelant à l’unité du football mondial et à une direction qui, selon elles, doit « servir le football » plutôt que chercher à « le commander ».
Jacky Chéry






























