Rendre pérenne et autonome le Centre sport pour l’espoir Haïti

Véritable et principal donateur de fonds au Centre sport pour l’espoir Haïti depuis quatre ans, le Comité olympique international, qui l’a construit en 2014, se prépare à jeter l’éponge. Pour devenir pérenne et autonome, à part la nomination d’un nouveau directeur, quatre axes s’imposent au CSEH, selon le rapport en date du 6 novembre de la commission caribéenne mandatée par le CIO et le Comité olympique haïtien (COH).

À maintes reprises, les responsables de la plus grande instance en matière de sport dans le monde manifestent leur intention de couper l’aide financière attribuée au Centre sport pour l’espoir Haïti. Ils semblent passer de la parole aux actes avec l’envoi des experts d’une firme localisée dans la région caribéenne qui n’est autre qu’un bureau d’études et de conseil spécialisé sur les sujets de conseils, d’accompagnement et de développement.

« Nous sommes venus en Haïti à deux reprises pour travailler sur les diagnostics de ce centre et pour commencer à recueillir un certain nombre de recommandations dans une approche participative avec l’ensemble des parties prenantes, les usagers actuels du centre, les fédérations sportives, les établissements scolaires, les équipes du centre, les représentants du gouvernement (MJSAC), le COH et le CIO. Cette démarche participative nous conduit aujourd’hui à un certain nombre de recommandations et de conseils.

Cependant, c’est la Fondation Centre sport pour l’espoir Haïti qui gère ce centre qui aura le mandat de délibérer ou de valider cette feuille de route (plan stratégique) pour ensuite assurer le pilotage de sa mise en œuvre », ce sont-là les premiers mots de Damien Bauchau, membre de cette commission. Il a par ailleurs établi plusieurs axes, selon lesquels, dit-il, le centre pourrait subsister et devenir pérenne après le retrait du CIO.

Les actes qui ressortent de ce plan stratégique, c’est d’abord la nécessité de structurer et de travailler autour de trois pôles d’activités autour du centre. Un pôle qui est centralisé autour de la jeunesse, l’éducation et la citoyenneté. Ce sont des activités que le centre menait déjà depuis tantôt quatre ans. Cependant, cela va être davantage renforcé, notamment dans des partenariats actifs avec un certain nombre de partenaires techniques, financiers et bailleurs de fonds. L’objectif est de continuer à servir la population environnante, les écoles avoisinantes, mais également tisser un partenariat avec le milieu scolaire, le milieu éducatif pour renforcer le travail auprès du monde de l’éducation », a-t-il dit avant de dévoiler le deuxième axe.

« Le deuxième pôle, c’est le pôle de performance. L’objectif du centre est d’accompagner les jeunes vers le haut niveau sur un certain nombre d’activités sportives. Ce pôle-là va se structurer autour des fédérations sportives qui sont les principaux usagers du centre pour effectivement détecter des talents et les accompagner vers le haut niveau. Pour y parvenir, il faut mobiliser des moyens financiers auprès de la solidarité olympique et auprès des différentes fédérations internationales qui peuvent accompagner aussi pour le développement du sport », a fait savoir l’expert caribéen.

« Le troisième pôle est nouveau, car le centre ne l’a pas encore développé ni expérimenté. C’est la formation professionnelle. L’objectif est que le centre devienne un centre de référence en matière de formation dans les disciplines sportives, et ce avec la possibilité d’ouvrir des formations connexes à l’environnement, notamment sur des sujets d’agriculture ou d’environnement. Ce faisant, ça aidera aussi le centre à développer un partenariat fort avec le secteur privé », a-t-il fait remarquer avant de revenir sur le dernier axe.

« Le quatrième axe, qui est non moins important, c’est autour de la visibilité ou de la promotion du centre et autour de la commercialisation d’espace. Le centre dispose de beaucoup d’infrastructures et de matériels de sport respectant les normes internationales. Aujourd’hui, on a encore la capacité de rentabiliser le centre et de travailler sur l’organisation des événements qui pourront générer des ressources pour le centre », a laissé entendre Damien Bauchau.

Vers l’autonomie du CSEH

« Tout ceci concourt à un objectif, car ce centre qui est financé par le CIO il y a six ans et qui met en œuvre des activités depuis quatre ans, mais ne fonctionne aujourd’hui que grâce à des dotations financières du CIO, se doit aujourd’hui, dans un contexte où le CIO diminue ses dotations de fonctionnement, trouver de nouvelles recettes pour pouvoir assurer une gouvernance durable (pérenne) de ce lieu qui nécessite des moyens importants pour pouvoir fonctionner. Il y a un fort engouement de l’ensemble des partenaires du secteur privé, des fédérations sportives et des bailleurs de fonds internationaux, emmenés par le COH qui pilote la mise en réseau de ces partenaires. Engouements très forts puisque ce lieu est unique en Haïti, car c’est le seul endroit où l’on peut constater autant d’activités sportives, et à avoir également un service de restauration, d’hébergement et d’accueil, tout cela dans une enceinte sécurisée », a déclaré l’expert caribéen, confirmant le retrait stratégique du CIO avant d’évoquer la nécessité que le centre dispose d’un nouveau directeur.

« Pour que ce centre soit fonctionnel comme il se doit, il faut qu’il y ait une gouvernance et un pilotage optimal. Dans les recommandations formulées, la mise en place d’une commission technique de suivi de ce plan d’action stratégique. Elle sera constituée de tous les usagers du centre, de tous les partenaires du centre. Elle sera mise en place très rapidement. Recrutement d’un directeur général avec derrière une réorganisation des services pour répondre au mieux à la mise en œuvre des axes envisagés. Durant 24 mois, le centre pourrait bénéficier d’une expertise technique internationale pour renforcer la direction générale et ses équipes dans la bonne gestion du centre et le développement de partenariat institutionnel technique et financier », a-t-il promis aux responsables du CSEH.

Questionné sur la gestion financière du CSEH depuis son inauguration le 15 juillet 2014, l’expert caribéen, en guise de conclusion, a fait les remarques suivantes : « La mission qui nous a été confiée est un audit organisationnel, pas un audit financier. Notre mission était penchée essentiellement sur l’organisation du centre, son fonctionnement et ses activités. Nous n’avons pas mené un audit financier. Sachant que, par ailleurs, le centre est audité au niveau de ses comptes par un organisme international certifié ».

Dans le couloir du Centre sport pour l’espoir Haïti, on avance déjà des noms. Dans l’attente de la confirmation de l’heureux élu, le nouveau directeur aura du pain sur la planche pour succéder à une pléiade de responsables (Bernard Daniel, Robert Duval, Guy-Nicole Lafontant Lémite, Bony Georges et Marilyn Payl) qui avaient fait l’expérience de diriger l’unique centre olympique du pays, d’autant que le CSEH est soumis à un nouveau plan stratégique durant les quatre prochaines années.

 

 

 

 

 

 

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