Centenaire du Violette : Jour J-3

Ce n’est plus une question d’année ni de mois, seulement trois jours nous séparent de l’anniversaire du Violette Athletic Club (VAC), de son surnom « le Vieux Tigre», qui entend graver la commémoration de ses 100 ans d’existence en lettres d’or.

Le doyen des clubs sportifs d’Haïti est fondé le 15 mai 1918 au Bel-Air dans les salons de Mme Pétion Moscova. Cette dame logeait dans un établissement scolaire qu’elle dirigeait à la rue Dr Aubry.

Les frères Avin, dont Maurice et François, François Hérard, etc…sont parmi les membres fondateurs qui ont porté le club aux couleurs «bleu foncé et bleu ciel» et également «bleu et blanc» sur les fonts baptismaux, et ce n’était pas sans raison que chaque 15 mai une messe d’action de grâces était toujours chantée en la chapelle Notre-Dame du Perpétuel Secours (Bel-Air).

Les années ont passé et les choses ont bien changé. Après le Bel-Air, le VAC, sous l’actif d’un comité exécutif présidé par le Dr Rony Gilot, prenait résidence dans son siège social au Bois-Verna, au local de l’ancien club Camaraderie.

Avec toute une pléiade de grands footballeurs de l’époque, dont Ernst Jean-Joseph, Pierre Bayonne, Frantz Mathieu, les frères Vorbe (Philippe et Charles), Jean-Marie Jean-Baptiste, Raphael Pierre, Roger Saint-Vil, Carlo Brévil , le Violette est devenu le premier club dans l’histoire du football haïtien à verser dans le semi-professionnalisme en investissant dans l’achat de trois joueurs argentins.

Ce sont Oscar Montironi (demi offensif), Oscar Barionuevo (latéral gauche) et Rogelio Ricato (attaquant). Ils firent la joie et le bonheur du VAC durant la fin des années 70.

Ce dernier s’accapara de tous les titres à l’époque et même du précieux trophée récompensant le champion du tournoi Pepsi-Cola aux dépens du New-York Cosmos (2-1) dans un stade Sylvio Cator archicomble.

Le New York Cosmos, club américain qui évoluait dans la North American Soccer League (NASL) et dans son souci de promouvoir beaucoup plus le football aux USA, avait investi gros dans l’achat de célèbres footballeurs de l’époque, dont Pelé, Beckenbauer, Chinaglia, Miflin, pour ne citer que ceux-là.

Et point n’est besoin de vous décrire la joie des supporters du Violette après ce mémorable succès aux dépens du New York Cosmos. Cette équipe du VAC était entraînée par Antoine Tassy (Zoupim) qualifié de «vieux renard».

Il faut signaler que, bien avant la rencontre, Zoupim, qui connaissait bien Pelé, avait confié à Adilas Charles la tâche de le surveiller . Le jeune Capois s’en est fort bien acquité de sa tâche.

Il faut dire également que le poids des ans avait pesé lourd dans les jambes du roi du football qui en avait déjà fait ses adieux mais se voyait dans l’obligation de revenir sur sa décision après l’offre de 1 000 000 de dollars et qui l’a vu devenir également le premier footballeur professionnel à être acheté à ce prix.

Malgré tout ce beau monde qui faisait ses beaux jours, le VAC ne parvenait pas à concrétiser son rêve caressé depuis fort longtemps : remporter le titre de champion de la CONCACAF des clubs que détenait son éternel rival, le Racing club haïtien (RCH).

Et il fallut attendre l’année 1984, sous la direction de Charles «Pompon» Vorbe (entraîneur) et de Ralph Kernizan (préparateur physique) pour qu’enfin, le Violette AC s’adjuge ce précieux trophée avec cette génération composée de Wilner Piquant, Fritz André (Doze), Henry-Claude Charmant, James Bolté, Pépé Vorbe, Gilbert Léis, etc.

(À suivre)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Emmanuel Bellevue
lenouvelliste.com

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