Les inquiétudes de Marc Collat pour 2019

De retour à la tête de la sélection nationale haïtienne de football, depuis pratiquement 15 mois mais officiellement depuis 12 mois, Marc Collat a eu une année sportive qui l’a conduit à être nominé parmi les meilleurs coaches CONCACAF de l’année 2018. Au seuil de 2019, il fait le point sur ce qui nous attend cette année.

Enock Néré : Vous êtes en France pour vous faire soigner et comment ça va maintenant ?

Marc Collat: Comme je vous l’ai dit, j’ai été opéré le mois dernier d’une prothèse totale de hanche, À présent, je suis en pleine rééducation. Cela va de mieux en mieux et je serais à nouveau opérationnel dès mon retour le 17 Février.

EN : Avez-vous les différents agendas?

M.C. : En effet, c’est une année chargée avec les diverses compétitions. Gold Cup, la Ligue des nations, mais aussi des éliminatoires chez les U15 et U17 garçons, olympiques sans oublier les féminines qui auront aussi droit aux éliminatoires en U17, U20 et olympiques. Le calendrier de la CONCACAF a été édité, mais il peut encore y avoir des modifications.

E.N. : Comment travaillez-vous avec le reste du staff pendant votre période de convalescence ?

M.C. : En ce qui concerne le staff, il est en sommeil du fait de l’absence de compétitions, tant internationales que nationales ?

E.N. : Avoir été nominé parmi les meilleurs entraîneurs U20 féminins 2018 représente quoi pour vous ?

M.C. : C’est mon président, le Dr Jean-Bart, qui m’a annoncé le premier ma nomination parmi les meilleurs entraîneurs. Cela fait toujours plaisir et cela valorise le travail effectué avec mon staff et l’encadrement.

Ce fut une excellente expérience pour moi de diriger des féminines et c’est dommage que les autres sélections haïtiennes ne se soient qualifées pour leur Coupe du monde respective (U17 et Sénior), car elles avaient l’une et l’autre le potentiel, notamment les U17 ayant fait jeu égal avec le Mexique et les USA; il faut se rappeler que nos seniores menaient 2-0 avant d’être rattrapées par la Jamaïque à 2-2 et d’être éliminées au goal aveage sans perdre un seul match. Nous aurions pu faire un carton plein….ce n’est que partie remise….

E.N. : Au seuil de cette nouvelle année civile, quels sont vos objectifs personnels tant avec la sélection nationale senior qu’avec les autres sélections que vous aurez à gérer ?

M.C. : Aujourd’hui, mon objectif numéro un, c’est de gagner à domicile contre Cuba au mois de mars* afin de nous qualifier de manière certaine à la Ligue des nations dans le groupe A. Mais ce sera un match piège contre une bonne équipe de Cuba, alors que nous serons handicapés par l’absence de deux joueurs titulaires pour suspension, Derrick Étienne et Donald Guerrier.

Mon inquiétude vient aussi du manque de compétition de certains joueurs comme Duckens Nazon, qui ne joue plus dans son club, ou Johny Placide et Bryan Alcéus sans club actuellement. L’autre rendez-vous, c’est la Gold Cup ou j’espère que nous aurons une bonne préparation et une équipe solide pour briller dans cette compétition. En ce qui concerne les autres sélections, nous aurons dès mon retour une discussion avec mes dirigeants pour regarder le calendrier de plus près, et voir où je peux apporter mon aide.

La compétition U20 était la première de la sorte, et je suis sûr que la CONCACAF aura pris en considération les remarques faites en termes d’arbitrage (*ndlr. Haïti joue son dernier match comptant pour les éliminatoires de la Gold Cup mais aussi son 4e match comptant pour la Ligue des nations contre Cuba le 24 mars à Port-au-Prince. En cas de victoire, Haïti serait dans la première catégorie de la zone).

E.N. : En novembre, il y avait un déséquilibre dans la manière dont la CONCACAF avait réparti certains pays de l’Amérique centrale et du Nord dans leur groupe. C’est-à-dire l’organisation de l’agenda les concernant  et la désignation des arbitres devant officier dans des matchs concernant leurs adversaires directs dans la compétition U20. Cela vous a-t-il marqué ? Si oui comment contourner de tels obstacles en 2019 pour que le ballon soit rond pour tout le monde ?

M.C. :J’ai personnellement dénoncé un certain nombre de dysfonctionnements, et j’espère que que lors de la compétition U17, les dirigeants en auront tenu compte….Je pense aussi qu’un seul qualifié par groupe de six équipes, cela est trop peu et laisse peu d’espoir aux équipes qui ne sont pas tête de série, et d’ailleurs les six têtes de série se sont qualifiées.

E.N. : Déjà un an  de contrat avec la FHF, pour votre deuxième passage à la tête des Grenadiers, êtes-vous satisfait de cette première année ?

M.C. : Cette première année a été fructueuse pour le football haïtien, grâce à l’exploit des U20 féminines, avec cependant une pointe de regret, car le manque d’expérience internationale nous  a certainement privé d’un meilleur résultat. D’autre part les trois matches remportés pour la qualification à la Gold Cup et pour la Ligue des nations avec les Grenadiers n’étaient pas évidents et notamment celui au Nicaragua où les joueurs présents ont fait un match de très haut niveau pour battre cette équipe sur son sol.

E.N. : Dans votre clause, il était question de jeter un regard sur la formation et en quelque sorte faire une évaluation tacite des jeunes formés au centre FIFA Goal. Dans ce contexte, quels sont les jeunes joueurs qui vous ont le plus marqué ?

M.C. : De nombreux joueurs ou joueuses du centre Fifa Goal mériteraient d’avoir leur chance dans des clubs ou centres de formation européens, certains y arriveront, mais trop peu à mon goût, en grande partie parce que le joueur haïtien, aujourd’hui, n’est pas reconnu comme peuvent l’être les joueurs africains ou sud-américains. Du fait que notre championnat n’est pas de très haut niveau, mais aussi le manque de résultats de l’équipe nationale dans les grandes compétitions.

À cause ausside de l’impossibilité de nos jeunes joueurs et joueuses de venir de manière définitive avant l’âge de 18 ans en France ou en Europe pour y signer des contrats et bien souvent nos jeunes, souvent impatients, s’en vont pour quelques centaines ou milliers de dollars dans des clubs ou destinations exotiques.

Christophe Fedler et Dany Jean en stage à Strasbourg

E.N. : Ronaldo Damus à Dallas, mais aussi des jeunes joueurs comme Bicou Bissainte, Jean Wisner Dérival, Christophe Fedler, Dani Jean, pour ne citer que ceux-là qu’est-ce qu’il faudrait faire pour leur permettre de progresser à la dimension de leurs talents ?

M.C. : Christophe Fedler et Dany sont sur le bon chemin, car actuellement à Strasbourg pour un stage de six mois qui devraient, je l’espère, déboucher sur une signature de contrat, pour les autres, je ne peux pas me prononcer, car je ne connais pas les clubs qui les sollicitent, mais un garçon comme Bicou Bissainthe devrait être patient et attendre la bonne opportunité.

Enfin, en dehors du domaine sportif ou l’aléa du résultat est très important en Haïti, je souhaite que les installations sportives, tant dans les clubs qu’au niveau des équipes nationales, s’améliorent, car si nous voulons rivaliser sur le terrain avec les grands pays où grands clubs de la CONCACAF, il nous faut aussi essayer d’améliorer nos infrastructures pour accueillir non seulement des équipes prestigieuses, mais aussi notre public dans de bien meilleures conditions.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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