Deux élèves du lycée Marie-Jeanne appellent au secours

Tel un cri de cœur, Ruth Altamar Datis et Sarah Vincent, deux élèves de la terminale (philo) du lycée Marie-Jeanne, membre de l’équipe junior qui dispute actuellement la 14e édition du championnat de l’unité organisé par le CIBA, appellent les instances qui militent en Haïti dans le basket-ball à prendre leurs responsabilités. Ne souhaitant absolument pas mettre un terme prématurément à leur carrière sportive, elles entendent jouer un championnat régulier au niveau universitaire.

Nombreux sont des jeunes (filles et garçons) qui, grâce à leurs talents dans une discipline sportive, bénéficient d’une bourses d’étude au niveau scolaire (primaire, secondaire ou universitaire). Cela se fait partout dans le monde sportif. Et Haïti n’est pas en reste. Malheureusement, le basket haïtien ne suit pas ce courant au niveau universitaire pour ce qui est des filles. Conséquence immédiate : une pléiade de jeunes filles, pétries de talent, ont disparu de la circulation après leurs études classiques.

Ainsi, deux jeunes filles : Ruth Altamar Datis (18 ans) et Sarah Vincent (18 ans), montent au créneau et se transforment en porte-parole des autres jeunes pour défendre, disent-elles, une cause commune.

« C’est notre dernière compétition au niveau scolaire, car nous sommes en terminale. Nous l’avons dit avec la peur au ventre. Croyez-moi, nous méritons un bien meilleur traitement. Vous savez que le championnat organisé par le CIBA est jusqu’à présent l’unique compétition du pays réunissant les athlètes féminins. Notre rêve était de continuer à jouer du basket et d’inculquer les notions de bases de cette discipline à nos enfants », se plaignent Ruth et Sarah.

Faisant allusion à leur lycée (Marie-Jeanne), elles ont laissé entendre ce qui suit : « Il y a de cela 5 ans, on n’a pas encore perdu un match au niveau des compétitions organisées par le CIBA. Nous avons voulu vendre une autre image de notre fier lycée. En comparaison avec les autres écoles, nous ne sommes pas bien encadrées. C’est pourquoi nous avons toujours voulu profiter des occasions qui se présentent pour vendre les plus belles images de notre lycée ».

Elles ne souhaitent pas mettre un terme à leur carrière

« En 2019, je vais me concentrer sur mes études universitaires. À dire vrai, je voulais toujours jouer au basket, mais les instances concernées ne nous offrent aucune possibilité de faire carrière en Haïti dans cette discipline. Il n’y a aucune université qui nous attend après avoir bouclé notre étude classique alors que nous avons beaucoup de talent. À 18 ans, aux USA, les autres jeunes filles, qui sont allées à l’université, ne font que commencer à jouer, car il y a une structure qui les attend », se plaint Sarah Vincent.

Très remontée, Ruth Altamar Datis, l’air anxieux, s’est laissée aller à des questionnements loin d’être négligeables sur la prise en charge du basket-ball féminin dans le pays.

« Pourquoi certaines structures sportives du pays n’organisent que des compétitions pour les garçons ? Que feront-elles avec nous autres les filles ? Savent-elles que nombreuses sont des jeunes filles haïtiennes qui ont mis un terme à leur carrière sportive parce qu’elles n’auront aucune chance de jouer une compétition régulière après leurs études classiques ? Pourquoi l’ASHBAC n’organise pas une compétition au niveau des filles ? Pourquoi n’y-a-t-il pas un championnat interuniversitaire réservée aux filles » ?

Réagissant à la condition de l’équipe nationale féminine, sans langue de bois, Ruth croit savoir que les filles, sans un championnat régulier de haut niveau, ne méritent pas d’être appelées en sélection nationale.

« Les filles sont appelées en sélection quand Haïti aura à disputer une compétition à l’échelle internationale. Que je sache, on n’a pas besoin de jouer en sélection si on n’avait pas à jouer un championnat régulier au niveau universitaire ou au tour d’une autre structure sportive. Sans une compétition régulière, nous allons perdre notre forme physique et notre habitude de jouer.

Nous avons travaillé très dur pour nous imposer au même titre que les hommes. Nous méritons mieux », ont précisé Ruth Altamar Datis et Sarah Vincent, membres de l’équipe junior du lycée Marie-Jeanne.

Il ne reste qu’à la Fédération haïtienne de sports universitaires (FEHSU) et à la Fédération haïtienne de basket-ball et aux autres structures concernées d’apporter une réponse formelle aux questions posées par les deux jeunes filles qui espèrent voir un lendemain meilleur pour le basket féminin en Haïti.

 

 

 

 

 

 

Legupeterson Alexandre

lenouvelliste.com

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