Ce détail qui aurait pu changer le Mondial de Melchie Daëlle Dumornay

Pourquoi Melchie Daëlle Dumornay a-t-elle systématiquement choisi de mettre ses ballons dans l’angle où se trouvait logiquement la portière en France? C’est la question que nous avons posée à l’intéressée vendredi en marge des débuts de la 25e édition du championnat national de taekwondo.

Comment ont-elles pu ? La gardienne de la Chine d’abord, celle du Nigéria ensuite et enfin celle de l’Allemagne se sont toutes distinguées sur les coups francs de Melchie Daëlle Dumornay. Les ballons de la jeune Haïtienne sont détournées in extremis alors qu’ils filaient vers un angle quasi impossible. Impossible mais toujours dans la direction du gardien. Ceux qui connaissent bien la star comme moi se demandaient pourquoi elle choisit ces trajectoires alors qu’elle est capable de faire passer le ballon par-dessus le mur à la manière d’un Michel Platini.

Quand un millimètre peut tout changer

« J’ai dû choisir de donner une trajectoire inhabituelle à mes ballons pour mes coups francs lors du Mondial à cause de mes chaussures », nous a expliqué Melchie Daelle Dumornay, vendredi en marge de la finale du Mondial de football féminin. « D’habitude je joue avec un Nike avec lequel je retrouve mieux mes sensations. Je parviens dans ce cas à donner au ballon la trajectoire que je souhaite en l’enroulant mieux et en cherchant le petit filet dans le dos du mur. C’est le cas pour le coup franc face aux Etats-Unis à Bradenton que vous avez mentionné où celui au stade Sylvio Cator que vous semblez tant chérir (un poteau rentrant de toute beauté ». C’est ce qui m’a permis aussi de marquer mon second but contre les Etats-Unis dans un angle pratiquement fermé car je parvenais à imposer au ballon la trajectoire souhaitée », a-t-elle continué au gymnasium Vincent de la rue Romain où elle assistait au lancement de la 25e édition du championnat national de taekwondo en compagnie de ses coéquipières.

« En France je jouais avec des chaussures différentes qui s’apparentent à des Adidas. Je ne parvenais pas à enrouler mes ballons comme je le souhaitais pour les faire passer par-dessus le mur avec toute la précision souhaitée. Alors j’ai cherché l’angle opposé en essayant d’aller avec plus de force que de finesse. Chaque fois que la portière adverse réussissait la prouesse de sortir mon ballon, je me disais que la prochaine fois il me fallait frapper encore plus fort pour que le ballon aille plus vite et soit plus difficile pour la gardienne » a-t-elle ajouté.

« Quelquefois je me dis après les deux premiers matchs que j’aurais dû demander aux joueuses de suivre la gardienne adverse au cas où elle aurait relâché le ballon. Nous en avons parlé et c’est pourquoi Nérilia s’est trouvé à point nommé pour reprendre le ballon face à l’Allemange. Si Nérilia avait fait de même contre le Nigéria tout comme contre la Chine je pense qu’elle aurait pu profiter des difficultés des gardiennes », a conclu Melchie Daelle Dumornay.

Autant dire que l’équipe a tiré des leçons même sur les balles arrêtées et qu’un peu plus d’expériences de matchs de haut niveau auraient permis à nos héroïnes de faire mieux. Quant aux spectateurs les révélations de Melchie laissent comprendre une fois de plus que pour réussir en sport, il faut toujours considérer tous les détails puisqu’un millimètre dans la taille d’une chaussure peut faire perdre une Coupe du monde.

 

 

 

 

 

 

 

 

Enock Néré

lenouvelliste.com

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